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mardi 8 mai 2012

Une nouvelle étape

La fin d'une époque.


À moins de vivre dans une caverne quelque part à l'autre bout du monde, vous ne pouvez pas ignorer que les urnes ont parlé et ont donné à la France un nouveau Président. François Hollande est donc le septième Président de la République Française. Le second socialiste à arriver à ce poste sous la Ve République.

De par la rareté de la chose, l'élection du candidat socialiste a été acclamée par la gauche, et la foule présente à la Bastille ou rue de Solférino le 6 mai témoigne de cet enthousiasme. Et je suis de ceux qui sont satisfaits, seulement il ne faudrait pas que l'on confonde tout.
Ma satisfaction réside dans la défaite de Nicolas Sarkozy qui incarnait selon moi une forme de présidence antagoniste à ma conception de la République telle que nous l'ont légué les acteurs de la Révolution. Mais je ne crie pas victoire pour autant... Hollande sera moins catastrophique que Sarkozy, au moins parce qu'il devrait éviter les écarts de langage et les réflexions racistes et discriminatoires qu'avait proférées Nicolas Sarkozy. Ainsi je vois mal Hollande faire la chasse aux Roms comme on chasse du gibier ou encore dire « Casse toi pauvre con » à un électeur mécontent.

Seulement, je me méfie de lui. Il est de gauche, mais d'une gauche molle qui a abdiqué face aux marchés et aux puissances de l'argent. C'est tout de même lui qui a affirmé aux britanniques ne pas être dangereux et a tenu à les rassurer quant à sa position vis à vis du libéralisme. Son projet n'est pas très ambitieux et je n'y ai pas trouvé de propositions qui permette d'affronter ouvertement la finance, ou qui permette de remettre un réel équilibre fiscal. Il est orienté dans la bonne direction, mais n'y va pas franchement.
Quelques mesures me hérissent même le poil. L'idée qu'il puisse parler de laïcité tout en proposant d'inscrire le Concordat d'Alsace-Moselle dans la Constitution me donne de l'urticaire. Et bloquer pendant trois mois le prix de l'essence est une mesure dangereuse en cela qu'elle n'est que temporaire et qu'elle n'incite pas nos concitoyens à la réduction de leur consommation de carburants. Le défi écologique qui est devant nous ne peut aboutir que si notre consommation d'énergie fossile baisse. Un blocage des prix revient pour beaucoup de foyers à une incitation.
On pourra me répondre que beaucoup en ont besoin pour travailler. C'est vrai, mais ne faudrait-il pas plutôt se poser la question de comment aider les gens à travailler avec moins de pétrole ? Développer des transports publics écologiques et efficaces me parait être d'une plus grande urgence. Inciter à l'utilisation de moyens de transports alternatifs, ou aider les personnes faisant du coivoiturage me paraissent des solutions plus habiles et à meilleure efficacité sur le long terme.

De façon générale, Hollande n'a pas obtenu carte blanche. Il doit encore avoir une majorité pour gouverner, et les élections législatives en sont la clé. C'est là que le Front de Gauche devra être sur le pont, et où la mobilisation des citoyens sera importante. Une Assemblée avec un grand nombre d'élus de la gauche radicale obligera Hollande à prendre en compte nos revendications et ne le laissera pas s'endormir sur ses lauriers. De même, la mobilisation syndicale et populaire ne doit pas faiblir. Nous ne voulons pas de l'austérité, nous exigeons plus de justice fiscale et sociale. L'accès aux soins, au logement, à l'éducation ne sont pas des questions vaines, et nous devrons être très vigilants pour éviter que la réduction des déficits publics se fasse par une baisse de la dépense publique tandis que les entrées fiscales continuent de dégringoler.

Mais où est passé l'argent ?


Le comité Roosvelt2012 fait des propositions très intéressantes pour le pays, et notemment en matière économique et fiscale. Leur documentation est très intéressante, surtout quand on découvre que l'annulation des réductions d'impôt réalisées depuis 2000 pourrait éponger en grande partie la dette publique. Ce collectif rappelle également que la plus grande partie de l'endettement des états européens est causée par le remboursement de la dette contractée antérieurement. Ils proposent ainsi que la Banque Centrale Européenne puisse prêter à la Banque Européenne d'Investissement, ou à des banques publiques nationales, lesquelles pourraient prêter à très faible taux aux états, les soulageant de ces vieilles dettes.
Une fiscalité juste, progressive et non laxiste sont des propositions avancées par le collectif et qui font écho aux propositions du Front de Gauche.

Par ailleurs on appréciera également le souhait du collectif d'une Europe plus sociale et plus parlementaire pour que les citoyens soient plus impliqués dans l'Union et que cette dernière ait enfin une direction claire à suivre, qui serait dictée par la majorité au Parlement Européen et non par un collège de chefs d'États élus chacun dans leur coin défendant leur propres intérêts.
Et si on se posait aussi la question de listes transnationales pour remplir une partie des sièges au Parlement ?

Et si on parlait proportionnelle ?


Le vieux serpent de mer du scrutin proportionnel revient à chaque échéance électorale. Sarkozy en parlait en 2007, Hollande en a parlé en 2012. Pour le moment, personne ne la fait. Il y a les pour, il y a les contre évidemment, chacun y allant de son argumentaire plus ou moins bien ficelé.

Pour séparer le faux du vrai et me faire un avis objectif, je suis en train de faire quelques calculs basés sur les résultats des élections législatives de 2007, en calculant ce que la composition de l'Assemblée Nationale aurait pu être si le scrutin avait été proportionnel selon diverses méthodes. Rien n'est achevé, mais les premières conclusions sont intéressantes puisque dans les premiers cas que j'ai testé la majorité présidentielle n'en aurait pas été une !
Affaire à suivre.

mardi 6 mars 2012

À la radio...

Aujourd'hui je tenais à partager deux bons programmes de France Culture, lesquels méritent toute votre attention.
En premier lieu, il y a cet édifiant reportage sur la Circulaire Guéant, et sur les conséquences qu'elle a eu sur la vie d'étudiants étrangers non européens formés et diplômés en France qui se voient refuser un visa de travail pour rester en France. Ces pauvres étudiants, travailleurs, formés, instruits, et qui ont bien souvent déjà une proposition d'emploi stable se voient refoulés comme des sauvages sans aucune valeur. Ils se retrouvent alors en situation illégale, sans couverture santé, et ans emploi, alors qu'ils sortent avec succès d'une formation.

Pourtant, étant formés et prêts à travailler en France, ils contribueraient à l'activité économique du pays. Pays auquel ils sont d'ailleurs attachés puisque nombre d'entre eux ont refusé des offres faites par d'autres pays. Ils restent, pour obtenir ce titre de séjour pour lequel ils se sont battus.
Ils ont par ailleurs formé un collectif, le collectif du 31 mai, qui rassemble des étudiants étrangers touchés par cette circulaire. Et ensemble, ils espèrent obtenir enfin une réponse à leur demande de régularisation.

« La France tu l'aimes... mais tu la quittes » : À écouter ici.

Ensuite, on pourra ensuite s'intéresser à ce numéro de Du grain à moudre qui se pose la question «Si les riches n'existaient pas, faudrait-il les réinventer ?».
Les trois invités de l'émission sont d'avis divergents, et il est assez amusant d'entendre les pathétiques arguments du libéral Jean-Philippe Delsol qui nous ressort la litanie du trickle-down, dont l'histoire récente et en particulier le Royaume-Uni sous Thatcher, nous a montré l'absolue inefficacité.
De bons arguments de la part de l'économiste de Alternatives Économiques.

« Si les riches n'existaient pas... » : À écouter ici.

Bonne écoute !

dimanche 4 mars 2012

Un peu de pédagogie

Aujourd'hui un billet court qui a pour but de vous conseiller deux documents tirés de France Inter et qui traitent de la crise économique. On y prend le temps d'expliquer les choses et on y entend un son de cloche différent des habituels économistes ultra-libéraux, puisqu'ici c'est un économiste des Économistes Atterrés qui parle.

Les deux parties de l'émission sont audibles ici :
Bonne écoute !

Et merci à Brice pour le partage.