dimanche 18 novembre 2012

Gauche(s)

Les communistes dans l'opposition

Suite au rejet au Sénat de la loi Brottes sur les tarifs de l'énergie ainsi que le rejet de la loi de programmation budgétaire 2012-2017 par les groupes communistes et UMP, les réactions sont diverses, et pas forcément toutes cohérentes.

D'une part on accuse les communistes de voter comme l'UMP, alors que c'est l'exact inverse qui s'est produit : l'UMP a voté pour une motion proposée par le groupe CRC. D'autre part, certains représentants socialistes, en tête desquels on trouve Arnaud Montebourg, ont affirmé que les communistes « n'aidaient pas la gauche » et étaient « clairement dans l'opposition ».
Ce que j'ai envie de dire aux socialistes est qu'il était grand temps qu'il s'en rendent compte !

Le Front de Gauche n'est pas l'allié naturel du PS comme beaucoup de gens le croient. Cela n'est plus vrai depuis que le Parti Socialiste a fait son « Bad Godesberg »1 et a ainsi pris son tournant social-démocrate à tendance libérale. Cela n'est plus vrai depuis que le gouvernement PS a choisi de céder aux sirènes du MEDEF et de la Troïka en appliquant un budget d'austérité où baisses massives des dépenses publiques vont de pair avec une baisse des cotisations patronales et une hausse de la TVA.
Le FDG ne peut cautionner ni les mesures d'austérité, ni une politique qui cède face à la puissance de l'argent2. De fait il est normal que le FDG vote contre le budget et contre des projets de loi qu'il estime contre les intérêts des plus démunis. On notera aussi que les propositions de loi et amendements communistes sont souvent rejetés par la majorité, ce qui montre que le PS entend gouverner seul et se fiche bien de ce que pensent ses « partenaires » à gauche.

Par ailleurs, je salue la démarche du PCF et du PG de ne pas jouer le jeu des socialistes qui vise à mettre toute la gauche dans le même sac. Jeu qui n'aura pour conséquence que de nous faire tomber avec eux en 2014 puis en 2017 quand les Français verront à quel point ils ont été trahis par le gouvernement qui va à contre courant des mesures les plus attendues, et qui reste dans la droite lignée du gouvernement précédent, tout en se cachant derrière le terme de « gauche » qu'ils usurpent nettement. Il est hors de question que les communistes soient assimilés au PS, nos lignes politiques étant de plus en plus différentes.

Enfin, j'attire l'attention du lectorat sur cette étude de l'Observatoire de l'Europe3, montrant que les groupes PPE (droite/conservateurs) et PSE (socialistes/sociaux-démocrates) au Parlement Européen votent de la même façon dans 97% des cas4. Oui, vous avez bien lu, 97% ! Et pour le reste, soit il s'agit de textes de faible influence (des initiatives du Parlement, sans portée législative), ou le désaccord est interne à un des groupes parlementaires.
Dès lors, que le PS fasse la leçon au PCF est un peu fort de café…

Complément


Pour achever votre réflexion sur les votes au parlement européen, je vous invite à visiter le cousin européen de www.nosdeputes.fr qui analyse les votes du Parlement Européen, du Conseil Européen : www.votewatch.eu. Vous pouvez trouver vos députés européens, les trier par groupe parlementaire, par pays. Vous saurez ainsi qui vote, sur quoi et comment, quelles sont les majorités constituées autour de tel ou tel texte, et vous pourrez « voter » à votre tour sur certains textes législatifs pour comparer votre position aux vrais eurodéputés !
Bref, un site riche d'enseignements sur l'activité parlementaire européenne qui devrait être bien plus mis en avant.


2 Je pense notamment au mouvement des « Pigeons » qui ont réussi avec quelques « J'aime » et quelques tweets à faire reculer le gouvernement là où des dizaines de milliers de personnes dans la rue n'ont pas obtenu un référendum sur le TSCG. 
3 Voir ici l'analyse :
4 Pour l'année 2008. Sur la période 2004-2009 on est au dessus de 90%.

jeudi 8 novembre 2012

Retour au poste.

Après six mois d'inactivité, je pense qu'il est temps de se pencher à nouveau sur ce blog qui n'a sans doute pas autant de lecteurs que je pourrais le souhaiter mais qui pourrait très bien en intéresser de nouveaux, notamment au sein de mes suiveurs sur Twitter. Je les remercie par ailleurs pour leur suivi.
Mon actualité personnelle (dont je ne dirai rien) m'a assez occupé et m'a tenu éloigné de l'écriture politique. Fort heureusement, elle ne m'a pas tenu loin de la politique tout court et ma première Fête de l'Humanité a achevé de me convaincre que mon engagement politique récent avait un sens et que la politique peut être un outil de transformation de la société.

La Fête de l'Humanité

Je ne peux pas simplement éluder la Fête quand elle m'a apporté tant de choses sur le plan des idées. C'était une belle première fête pour moi et j'ai été ravi d'aider modestement le stand de la section de Massy dont je salue ici les camarades.

Une chose cependant m'a frappé : il y avait sur les différents stand surtout mention des partis respectifs (PCF principalement, PG, GU…) mais très peu du Front de Gauche, comme si les partis voulaient affirmer leur position individuelle au détriment de la structure fédérative qu'est le FDG. Cela contraste beaucoup avec les intentions affichées par les diverses composantes de poursuivre l'initiative FDG1. Que faut-il y voir, je l'ignore. Mais à mon sens l'avenir du Front de Gauche est encore à définir et le Congrès du PC à venir devrait éclaircir un peu les choses.

Outre ces considérations politiques j'ai eu l'occasion de découvrir certaines idées, et j'en ai profité pour récupérer des outils, à savoir de la lecture !
J'attire ainsi l'attention de les lecteurs sur la revue européenne Transform! éditée par les Espaces Marx et par d'autres groupes d’études marxistes européens. Il s'agit d'une revue paraissant deux fois par an, disponibles dans plusieurs langues communautaires, contenant des articles de fond sur des problématiques nationales et européennes abordées d'un point de vue progressiste et social. Le numéro d'octobre 2012 porte sur la démocratie en danger en Europe et est truffé d'articles très intéressants qui donnent et des arguments pour débattre ainsi que des exemples pour étayer son propos. J'y ai aussi trouvé une théorisation claire de certains concepts. En somme je recommande à tous la lecture de cette revue, au moins pour ce numéro-ci.
J'aurai — je l'espère — l'occasion de revenir sur certains articles publiés dans cette revue.


1 le projet de base du PCF en vue du 36e congrès en est un exemple, mais le PG n'est pas en reste.